Quatre questions à poser à l’émir du Qatar – L’Opinion, 20 juin 2013

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Chronique – l’Opinion
Publié le jeudi 20 juin 2013 à 16h41
Mis à jour le vendredi 21 juin à 08h32

Antoine Sfeir : les quatre questions à poser à l'émir du Qatar

François Hollande devrait demander à ses dirigeants un certain nombre d’éclaircissements, à l’occasion de sa visite officielle.

Le Qatar est en train de se placer, depuis plusieurs mois, sur tous les dossiers chauds du Moyen Orient et François Hollande devrait demander à ses dirigeants un certain nombre d’éclaircissements, à l’occasion de sa visite officielle. Avec une série de questions directes.

– La première est celle-ci : « Vous vous dites nos amis et nous retrouvons vos armes au Mali dans les mains de ceux qui affrontent l’armée française sur le terrain ».

– La deuxième concerne la Libye: « Nous nous attachons à reconstruire l’Etat libyen et vous êtes en train de détruire cette dynamique en poussant au passage d’une loi sur l’assainissement qui empêche la participation à la vie politique à toute personne ayant travaillé, à un moment ou à un autre par le passé, avec Kadhafi et a déjà provoqué le départ du président de l’Assemblée nationale ».

– La troisième porte sur la Syrie, dossier sur lequel il est nécessaire de coopérer : « Vous voulez armer comme nous les rebelles mais vous le faites de votre côté avec les seuls islamistes alors que nous, Européens, voulons plutôt donner des moyens à l’Armée de libération de la Syrie (ALS) ».

– La quatrième est plus générale: « Donnez-vous raison à ceux qui disent que vous voulez mettre la main sur la Libye, la Tunisie et même l’Égypte, ou vous substituez-vous aux institutions internationales en finançant l’économie de ces pays ?».

Il y a enfin une question subsidiaire qui touche aux rumeurs persistantes, mentionnées même dans la presse de l’émirat, sur l’état de santé de l’émir du Qatar. Cette question – à laquelle peut d’ailleurs répondre Bertrand Besancenot, l’ambassadeur de France en Arabie séoudite, qui est un proche de l’émir et a joué un rôle de médiateur, ces derniers temps – n’est pas neutre. Cela risque, en effet, de créer des tiraillements au sein de la famille. Le premier ministre Hamad ben Jassem, cousin de l’émir, accepterait mal la désignation du prince héritier Tamim, qui est encore trop jeune mais qui est ardemment défendu par sa mère Cheikha Moza, la deuxième épouse de l’émir. La succession pourrait s’avérer difficile, et le Qatar goûter à son tour au printemps arabe.

Antoine Sfeir, analyste du monde arabe, dirige les Cahiers de l’Orient

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À propos MJ Sfeir
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