L’Arabie saoudite et la Turquie, perdants potentiels – L’Opinion, 3 septembre 2013

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La mauvaise conscience des Occidentaux n’aura eu d’égale que leur impuissance à gérer le conflit syrien

La colère des Séoud
Publié le mardi 03 septembre à 10h26
Mis à jour le mercredi 04 septembre à 16h23

Le régime de Bachar al-Assad se sent aujourd’hui conforté par la décision de Barack Obama d’avoir recours au Congrès américain pour avaliser l’utilisation de la force contre lui. Quelle que soit la décision des parlementaires américains, ce délai est d’ores et déjà vécu comme une victoire pour le président syrien.

Si les frappes militaires ont bel et bien lieu telles qu’on les a annoncées – c’est-à-dire limitées dans la puissance et le temps – le nationalisme syrien renforcera le régime, notamment dans la classe moyenne. Et si, par hasard, le Congrès n’accordait pas le feu vert au président Obama, la perception au Proche-Orient serait celle d’une reculade des pays occidentaux en général, sachant que la France n’ira pas toute seule au combat.

Dans ce cas, ce serait une défaite certaine des pays sunnites de la région, menés par l’Arabie séoudite, et indirectement un échec pour le Premier ministre turc qui appelle au renversement du régime syrien. Et ce serait, a contrario, une victoire du camp chiite et de l’Iran qui, doit-on le rappeler, a entamé des négociations délicates avec les Américains sur le développement de son programme nucléaire.

La mauvaise conscience des Occidentaux n’aura eu d’égal de leur impuissance à gérer le conflit syrien. Sans doute par méconnaissance. Mais quand on les voit réclamer la libération des Frères musulmans en Egypte et du président Morsi, lui-même, on peut se demander si ce n’est pas surtout de l’inconscience ou encore pire, un retour de pulsion néo-colonialistes.

Antoine Sfeir, analyste du monde arabe, dirige les Cahiers de l’Orient.

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