Gaza : la fin du conflit est-elle proche ? – le JDD, 23 juillet 2014

John Kerry, le sécrétaire d'Etat américain, lors de son arrivée à Ramallah mercredi. (Reuters)

John Kerry, le sécrétaire d’Etat américain, lors de son arrivée à Ramallah mercredi. (Reuters)

International  |  23 juillet 2014

Thomas Liabot – leJDD.fr

Alors que les frappes israéliennes sur la bande de Gaza ont déjà fait plus de 700 morts, les pressions internationales s’intensifient. L’ONU et les États-Unis pressent pour un cessez-le-feu rapide.

L’arrivée mercredi du secrétaire d’État américain John Kerry à Jérusalem relance les espoirs de signature d’un cessez-le-feu. Depuis quelques jours,les diplomates occidentaux s’affèrent pour régler la situation dans la bande de Gaza et John Kerry estime que « quelques pas » ont été fait en ce sens. L’intensification des négociations depuis Le Caire, ce week-end, et en Israël mercredi, semble en effet porter peu à peu ses fruits. « On est très proche d’un cessez-le-feu, mais il suffit d’une roquette mal tirée d’un côté comme de l’autre pour que la situation s’embrase à nouveau », confie Antoine Sfeir, politologue spécialiste du Proche-Orient, au JDD.fr.

L’intervention de John Kerry depuis plusieurs jours pourrait être décisive. Très actif au Moyen-Orient depuis sa nomination au Département d’État américain en 2012, l’ancien candidat à la présidentielle peut, « en tant que représentant de la première puissance du monde, faire bouger les choses et empêcher l’irréparable », estime Antoine Sfeir, alors que le conflit a déjà fait plus de 700 morts à Gaza. Côté israélien, 29 soldats ont été tués, soit le bilan le plus meurtrier pour Tsahal depuis l’intervention de 2006 contre le Hezbollah libanais. L’ONU a déjà dénoncé une « action atroce » et la Ligue arabe « un crime contre l’humanité ».

« L’opinion publique est rangée derrière son gouvernement »

Mardi, quelque 80 vols en direction de l’aéroport Ben Gourion de Tel-Aviv ont été annulés après qu’une roquette s’est écrasée à quelques kilomètres de là et cette situation pourrait avoir un impact sur l’économie israélienne. « C’est autant de devises étrangères perdues pour le pays, commente Antoine Sfeir. Mais l’État ne peut accepter publiquement de se soumettre à la pression d’une telle sorte. » Dans ce contexte, la diplomatie américaine peut-être salvatrice : « Elle a de l’influence sur l’armée israélienne, qui a besoin des États-Unis. Bien que le pays soit lui-même producteur d’armes, il ne peut pas se priver d’un tel allié ».

Malgré les pertes importantes dans les rangs de l’armée, Antoine Sfeir estime que la population israélienne soutient toujours ses dirigeants : « L’opinion publique est entièrement rangée derrière son gouvernement et son armée. Elle est favorable à des actions militaires contre le Hamas à condition qu’elle obtienne des résultats. » Les objectifs fixés par Israël au début du conflit étaient de détruire un maximum de tunnels utilisés par le Hamas au niveau de la frontière avec Gaza. Pour le moment, 28 d’entre eux ont été mis à jour selon le porte-parole de l’armée Peter Lerner.

« Un manque de vision politique »

« Si l’objectif est d’éradiquer le Hamas, il est certains qu’Israël n’a pas atteint ses objectifs. La destruction des tunnels ne suffit pas », pondère toutefois Antoine Sfeir. Il estime pourtant qu’un cessez-le-feu peut être signé dans ces conditions. « Les dirigeants israéliens pourront toujours s’enorgueillir d’avoir détruit des tunnels, d’avoir tué ou blessé quelques cadres du Hamas. Mais l’objectif ne sera pas complètement atteint, c’est certain », ajoute-t-il.

Le haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, a appelé mercredi à une enquête sur de possibles crimes de guerre commis par Israël à Gaza, et a aussi dénoncé des attaques aveugles menées par le Hamas contre des zones civiles. Si un cessez-le-feu était signé dans les heures qui viennent, la situation entre Gaza et Israël aurait très peu évolué, malgré 16 jours de combats. Pour Antoine Sfeir, le gouvernement de Benjamin Netanyahou a commis l’erreur de ne pas coupler son action militaire à une intervention politique forte : « Sans vision politique, on n’atteint pas l’objectif qu’on se donne. Il faudrait qu’Israël parvienne à convaincre les habitants de Gaza qu’être gouverné par le Hamas est une punition subie. »

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