Salman, le nouveau roi d’Arabie saoudite – France TV Info, 23/01/15

Francetvinfo Geopolis logo2Par Eléonore Abou Ez

Publié le 23/01/2015 à 18H41

roi Salman (Jim Bourg Reuters)

© Jim Bourg Reuters

Un nouveau souverain est à la tête de l’Arabie saoudite : Salman ben Abdel Aziz, 79 ans, succède à son demi-frère Abdallah, mort après 10 ans de règne. Peut-on s’attendre à des changements dans ce royaume, poids lourd du Moyen-Orient et berceau de l’islam ?

Antoine Sfeir, directeur des Cahiers de l’Orient et président de l’Institut libre d’études des Relations Internationales (ILERI).

Qui est le nouveau souverain ? Ses atouts, ses points faibles ?
Le roi Salman Ibn Abdel Aziz a longtemps été le gouverneur de Ryad, la capitale du Royaume. A ce poste, il a pu faire preuve de qualités de gestionnaire. Il s’est lancé dans la presse, à l’instar d’autres membres de la famille royale et son quotidien d’expression arabe publié à Londres, Al Hayat, est présidé par son fils Ali. Les décés de ses frères utérins (de la même mère), Sultan et Nayef, l’ont propulsé ministre de la Défense et prince héritier.
Il est désormais le chef du puissant clan des Soudeyri, du nom de sa mère, la seule femme qu’Ibn Séoud, le fondateur du royaume, avait répudiée par obligation, et avec laquelle il s’était remarié. C’est son atout principal, puisqu’il a également réussi à nommer son propre fils Mohammed au ministère de la Défense et à la direction du Cabinet royal, ainsi que son neveu, Mohammed Ben Nayef, ministre de l’Intérieur et désormais deuxième prince héritier, qui est également un Soudeyri. Son point faible : les rumeurs persistantes sur son état de santé jugé précaire.

Même s’il déclare qu’il n y aura pas de changement, peut-on s’attendre à des réformes dans la politique intérieure ?
Les changements de la politique intérieure en Arabie se font au rythme du désert, lentement, au compte goutte. On ne les verra que dans quelques semaines, sinon dans quelques mois.

Au niveau extérieur, le nouveau roi  va-t-il maintenir la même politique ? Va-t-il faire bouger les alliances ?
Le roi Salman doit se battre sur plusieurs fronts : la guerre menée contre le régime syrien de Bachar Al Assad en Syrie n’a pas abouti au résultat escompté : la chute de Bachar. Force est de constater que ce dernier, quatre ans après le début de la guerre en Syrie, s’est renforcé grâce à ses alliances avec l’Iran, la Russie et la Chine.
L’Iran se rapproche des Etats-Unis, ce qui représente un véritable cauchemar pour les autorités séoudiennes. Faut-il négocier avec un Bachar en position de faiblesse avant d’être obligé de le faire avec un Iran en position de force ? Ce débat n’est pas encore tranché. D’autant que depuis le 21 janvier, l’Arabie séoudite se sent encerclée par les forces chiites, ces dernières s’étant emparé du complexe présidentiel de Sanaa au Yémen et s’apprêtant à prendre d’assaut la région qui leur échappe encore, la région pétrolière de Mer’eb.

À propos MJ Sfeir
Communication, Edition, Web Les Cahiers de l'Orient

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