« L’anéantissement de Daech doit être la priorité de la communauté internationale », VA 22/07/15

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Mercredi 22 Juillet 2015 à 11:20

Mis à jour le 22/07/2015 à 11:29
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Photo © Patrick Lafrate

Tribune libre. Antoine Sfeir et Jean-François Copé allient leurs expertises pour exhorter la France à réécrire de fond en comble sa ligne diplomatique avec un but : il est urgent d’agir contre l’État islamique.

L’accord sur le nucléaire iranien qui vient d’être acté à Vienne commande une évolution majeure de notre regard sur l’orient compliqué.

Daech s’étend. Il est à Syrte, au large des côtes maltaises, à quelques miles de l’Italie. Daech est dans le Qalamoun qui touche le Liban. Il est sur les frontières turques, jordaniennes, tunisiennes, saoudiennes. Demain peut-être au Golan, touchant Israël ? Nous lui dénions le titre de califat. Mais force est de constater que son ambition califale prend forme : les frontières Sykes-Picot sont abolies et le wilayat de Mossoul à Alep est rétabli, dans les limites des possessions de l’Atabeg Zengi, un des héros sunnites de la reconquête par le jihad des royaumes latins au 12ème siècle.

Daech nous hait. Tout ce que nous représentons, il le rejette : la liberté de conscience, l’égalité hommes-femmes, la fraternité universelle. Il l’a tragiquement montré à Paris en janvier et à Saint-Quentin-Fallavier en juin. Tant que Daech le pourra, il nous combattra, avec ses méthodes barbares.

Daech est donc notre ennemi mortel. Mais faisons-nous tout ce qui est en notre pouvoir pour le battre ? Nous multiplions, avec un succès limité, lesconférences internationales, les frappes aériennes, les condamnations morales. Malheureusement, il s’agit d’une succession de paroles fortes et d’actes faibles. Une fermeté d’apparence qui se mue en impuissance. Si Daech prospère c’est aussi parce que la communauté internationale, Europe et Etats-Unis compris, ne fait pas tout pour l’en empêcher.

Non, nous ne faisons pas tout pour enrayer la progression de Daech en Irak et en Syrie. En Irak où nous avons laissé un pouvoir chiite sectaire humilier la minorité sunnite qui, de dépit, s’est jetée dans les bras de Daech. En Syrie, où nous fermons les yeux sur l’avancée de Daech, au prétexte que le régime sanguinaire de Bachar Al Assad est soutenu par Moscou et Téhéran. Il faut s’interroger sur l’efficacité de ce rejet en bloc du régime syrien. La France a par exemple fermé son ambassade à Damas. Ouverte, elle aurait pu accueillir les opposants en danger tout en étant un canal de dialogue direct avec le régime. Nous avons aussi pleuré la chute de Palmyre. Mais qu’est-ce qui nous empêchait de bloquer la progression éclair de Daech depuis l’Euphrate jusqu’à Palmyre ? Techniquement, rien. La zone est plate et désertique. Nous pouvions bombarder les colonnes de Daech. Nous ne l’avons pas fait. Pourquoi ? Car nous n’avons pas voulu donner le sentiment d’aider l’axe Assad – Poutine – Khamenei. En politique, comme en diplomatie, il faut pourtant choisir le moindre mal. Les ennemis de nos ennemis devraient être nos alliés de circonstance. Et quel est notre pire ennemi, sinon Daech ?  >> La suite sur valeursactuelles.com

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À propos Antoine Sfeir
Journaliste, politologue, enseignant, directeur des Cahiers de l'Orient.

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