Passage par des rêves noirs et blancs, de Mahtab Saboori

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(Préface) Dès les premières lignes de cette nouvelle de Mahtab Saboori, on pénètre dans le monde de l’étrange… Et l’on se demande vers où l’auteur cherche à nous emmener. Elle nous fait virevolter autour de son imagination, jouant avec les mots et les allusions sans limites ni retenues.

Le lecteur se laisse prendre à ce jeu des couleurs, mais aussi à ce style déconcertant, tout aussi attachant. Entre prose et poésie, le cheminement se fait tendrement, et la lecture se poursuit sérieusement, comme cette eau douce qui coule lentement : on n’a pas envie de s’arrêter. Mahtab Saboori possède un véritable don de conteur qui ne se bloque jamais. La seule chose dont on est sûr est que l’action, ou plutôt la non-action, se déroule en Iran, dans cette Perse toujours mystérieuse en dépit de millénaires d’histoire et de civilisation.

Les métaphores et allégories se succèdent, parfois à un rythme effréné. Si ce livret se lit rapidement, il peut aussi se siroter doucement, comme un boisson fraîche de l’Orient indolent ; en le refermant, on se laisse aller à songer à ces histoires entrelacées, hors du temps et de l’espace.

C’est sans doute le but de l’auteur : faire encore rêver dans un monde livré à la violence, où l’on a oublié le murmure de l’eau qui s’écoule et le chuchotement des feuilles des arbres au vent… Rêver d’un environnement serein, calme et voluptueux, alors que notre monde se débat dans l’immédiateté. Cet ouvrage est un moment de pause bienvenu, un petit nuage de bonheur, dont on a certes besoin.

Antoine Sfeir

mahtab-sabooriPrésentation de l’éditeur : « Je suis née dans une de ces maisons en brique brûlée, un peu orange. Du dehors, c’était une maison humble, des murs hauts et épais, une lourde porte en bois. Une fois franchie la vieille porte, l’intérieur était une oasis. Des arbres plus hauts que les murs, des vignes rouges remontant le long des grilles tout autour du jardin, créaient une ombre apaisante aux jours brûlants du désert. Au milieu des grenadiers, l’arbre favori de la famille, s’écoulait le ruisseau.  À chaque nouvelle année, ma grand-mère y déversait des poissons rouges, en songeant au retour des couleurs… » Conte iranien, conte de perse : une rêverie toute illuminée de couleurs et illustrée de gravures persanes tirées de très anciens ouvrages.

Mahtab Saboori est née en Iran dans une famille de lettrés, qu’elle quitte en 1985, à l’âge de dix-huit ans. Consultante pour des sociétés françaises qui commercent aujourd’hui avec son pays d’origine, elle a écrit et traduit plusieurs ouvrages, parmi lesquels deux nouvelles aux éditions Afraz de Téhéran, dont celle-ci traduite en français.

PASSAGE PAR DES RÊVES NOIRS ET BLANCS de Mahtab Saboori, en collaboration avec Sophie Royer, Riveneuve Éditions, mai 2016.

À propos Antoine Sfeir
Journaliste, politologue, enseignant, directeur des Cahiers de l'Orient.

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