Portrait – Grandes Écoles et Universités Magazine, mai 2016

ANTOINE SFEIR EST UN JOURNALISTE ET ÉCRIVAIN, SPÉCIALISTE DU MOYEN-ORIENT. LE FONDATEUR DES CAHIERS DE L’ORIENT EST DEPUIS PLUS D’UN AN LE PRÉSIDENT DE L’ILERI. IL S’ADONNE AVEC BONHEUR À SA MISSION DE TRANSMISSION. CERTAINS LE QUALIFIENT DE POLITOLOGUE. UN STATUT QU’IL RÉFUTE, SE RECONNAISSANT DANS LE RÔLE « DE PASSEUR, DE VULGARISATEUR. QU’Y A-T-IL DE PLUS NOBLE QUE LA FONCTION DE SCRIBE ? JE SUIS UN VULGARISATEUR AVEC UNE SEULE AMBITION : TRANSMETTRE ! » 

Vie de bohème

Antoine Sfeir a été élevé dans une famille chrétienne maronite francophone et francophile. Il commence à travailler à 20 ans comme correspondant du service étranger du quotidien francophone L’Orient-Le Jour. « Mon père aurait souhaité que je reprenne son étude d’avocat. Lorsque je lui ai annoncé mon désir de devenir journaliste, il m’a dit : « Ça ne m’étonne pas, tu choisis la vie de bohème ! » 6 mois avant son décès, il lui dira néanmoins « T’ai-je dit que suis fier de toi ? ». Antoine Sfeir est très proche de sa mère : « Elle nous a élevé dans un amour total. Une de mes sœurs, qui a monté des bibliothèques et des journaux, m’a servi d’exemple. »

« Nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert »

Son père lui parlait en latin et lui citait des poèmes de Victor Hugo. « Il m’est resté cette phrase : L’homme est un apprenti, la douleur est son maître. » Antoine Sfeir parle en connaissance de cause. Il est enlevé et torturé par une milice palestinienne durant la guerre civile au Liban en 1976. « Nul ne se connaît tant qu’il n’a pas souffert. »

Ecrire pour expliquer

Il quitte définitivement le Liban et, « merveilleusement bien accueilli en France », il y poursuit depuis son métier, « écrire pour expliquer. Car, pour respecter l’autre dans son altérité, la meilleure façon est d’apprendre. » Il collabore à une dizaine de titres de presse durant sa carrière, est appelé à s’exprimer en tant qu’expert sur les ondes et à la télévision. Il est également l’auteur de nombreux essais « que je souhaite de vulgarisation et grand public. » Le livre dont il est le plus fier dans cette perspective est l’album pour enfants Dieu Yahweh Allâh, paru chez Bayard Jeunesse en 2013.

L’ILERI, LIEU DE FORMATION DES CONSCIENCES

Antoine Sfeir souhaite permettre aux élèves de l’ILERI de « redécouvrir la république. Car la République, l’égalité, la solidarité et la laïcité sont malmenées. » Il souhaite l’Ecole des Relations Internationales telle un « lieu de formation des consciences ». L’actualité géopolitique mondiale nous rappelle combien il est crucial de « forger des artisans de la paix », de « préparer des hommes et des femmes à faire preuve de discernement » grâce à une compréhension fine du monde.

« Ce que nous vivons en Occident et en Orient, c’est une guerre de culture, pas une guerre de civilisation. »

En mission

Après l’altérité en 2015, il promeut la citoyenneté comme thème pour l’école en 2016. Les étudiants sont conduits à réfléchir à leur rôle de citoyens et en 2017, « nous éditerons leurs contributions. C’est une formidable chance de pouvoir être en mission aux côtés de la jeunesse ! Rien que de leur soumettre ce thème, ils se sont sentis citoyens. Je trouve un enchantement à voir leur enthousiasme et leur engagement. »

« Antoine est extrêmement solidaire et courageux »  Le mot de son ami de 40 ans, l’historien et éditeur, Pierre Vallaud. 

« Nous avons travaillé ensemble ou côte à côte depuis le jour où il m’accueilli à Beyrouth où j’arrivais, jeune coopérant à RFI. Après le dernier journal, nous nous faisions des signes lumineux depuis nos bureaux situés dans la même rue, pour se donner le go pour sortir en soirée. Nous avons vécu une période riche et heureuse avant que la guerre n’éclate. Dans ces moments de vérité, les gens se révèlent. Là où les lâches se sont enfuis, Antoine s’est montré extrêmement solidaire et courageux. Puis, lorsque j’ai connu des difficultés professionnelles, il a été jusqu’à me proposer de vendre son appartement pour m’aider. C’est un véritable stakhanoviste, il est en permanence actif. Rien que l’an dernier, il a donné 150 conférences ! »

A. D.-F.

À propos MJ Sfeir
Communication, Edition, Web Les Cahiers de l'Orient

One Response to Portrait – Grandes Écoles et Universités Magazine, mai 2016

  1. Antoine, j’ai perçu qu’il est un Homme éclairé, par sa lucidité sur le monde, sa richesse à la fois culturelle et humaine quant à l’acceptation des différences, l’altérité, mais aussi éclairant pour les consciences par son humanisme transcendant. Il transmet par ses conférences une sagesse ancienne et cependant bien utile pour l’avenir de l’humanité : l’altruisme.

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