TURQUIE – Le retour des empires

Courrier du Maghreb et de l'Orient logoErdogan

Le  président turc Recep Tayyip Erdoğan se verrait bien à la tête d’un «califat islamique» qui traiterait d’égal à égal avec les grands de ce monde. En une année, il aura réussi à étouffer toute opposition, qu’elle soit politique, militaire, sociale, syndicale, intellectuelle ou médiatique. Il a désormais les coudées franches pour sculpter un empire à sa taille.

Mais il n’est pas le seul dans la région à vouloir en faire autant… Le XXIème siècle sera-t-il au Moyen-Orient celui du retour des empires ?

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Un peu plus à l’ouest, l’empire perse est déjà établi, de la mer Caspienne à la Méditerranée.

Incontournable, il a réussi à encercler la puissance régionale qui pouvait se dresser sur son chemin : l’Arabie séoudite. De Téhéran au port libanais de Tyr, en passant par Bagdad et Damas, cet axe stratégique a fait de l’Iran une puissance méditerranéenne. De l’autre côté, le contrôle du détroit d’Ormouz fait suspecter l’Iran d’être un acteur de la guerre du Yémen, ce qui a déclenché l’ire des Séoudiens et des Émiratis lorsqu’ils ont vu l’un des membres du Conseil de Coopération du Golfe, le Qatar, flirter avec l’ennemi iranien. Ennemi à un triple niveau : arabe, confessionnel (car chiite) et stratégique pour le contrôle du Golfe. L’arc perse reste néanmoins fragile et précaire : il suffit qu’un jalon casse pour que l’édifice s’écroule.

Plus au nord, l’empire russe semble avoir accompli un retour dans les mers chaudes. Si l’irruption du président russe Poutine en Syrie est due à des causes essentiellement internes, notamment la peur de voir l’organisation terroriste État islamique remonter vers les territoires placés sous l’influence de la Sainte Russie et rééditer la tragédie tchétchène, elle est autant motivée par la découverte de gaz naturel au large du Liban. Moscou a réussi à calmer le jeu entre les trois protagonistes de cette découverte prometeuse que sont le Liban, Israël et Chypre… Jusqu’ici du moins.

L’empire chinois, lui, pas encore en phase géostratégique, se contente d’intrusions économiques. Quant à l’empire américain, il manque toujours de vision, à moins que celle-ci ne soit limitée aux seules « affaires », où le talent du président américain ne fait aucun doute.

Quel est le point commun entre les trois empires des Proche et Moyen-Orient ?

Tous trois ont instrumentalisé la religion comme outil d’expansion : sunnite pour le président turc, qui rappelle à qui veut l’entendre qu’il n’est pas un « islamiste modéré », mais un islamiste tout court ; chiite pour l’Iran, qui a remarquablement utilisé cette branche de l’islam pour asseoir son influence dans les pays de la région (sa réussite en Irak est spectaculaire) ; et orthodoxe pour la Russie, aujourd’hui plébiscitée par tous les chrétiens d’Orient, suite à ses prises de positons intransigeantes en leur faveur.

Un autre point commun entre ces trois ensembles est leur fragilité. L’Iran se méfie d’une éventuelle coalition qui le mettrait à nouveau en quarantaine de la communauté internationale, alors que les signes d’ouverture économique issus de l’accord sur le nucléaire commencent à donner leurs premiers résultats ; la Russie craint d’être isolée si Europe et États-Unis durcissent leurs positions sur les questions de l’Ukraine et de la Syrie ; la Turquie, enfin, est menacée par le rejet des sunnites arabes face à sa politique de puissance dominante et néo-ottomane et par une alliance de facto de ses ennemis – l’Europe en premier lieu – contre la fuite en avant autocratique du régime d’Erdoğan.

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Les États-Unis pourraient venir perturber les calculs de tous les acteurs de la région, y compris le jeu d’échecs de Vladimir Poutine. Erdoğan peut affronter l’Iran, l’Irak, la Syrie et même l’Europe, sur la division de laquelle il peut compter, mais aurait beaucoup de mal à aller à l’encontre des intérêts américains, et sa marche de manœuvre à l’extérieur du pays serait largement réduite dans le cas d’une divergence avec Washington. La dynamique du chaos, instaurée depuis plus de vingt ans maintenant, se poursuit dans la région : tant que les conflits sont circoncis et maîtrisés, le jeu des nations se déroule naturellement, mais la poudrière attend la première mèche pour faire exploser États et frontières.

La mèche sera-t-elle les 92% des Kurdes irakiens qui ont voté « oui » au référendum sur l’indépendance ?

Si la Turquie, l’Iran, la Syrie et le Liban se sont déjà positionnés contre cette initiative, quelle sera la posture des États-Unis de Donald Trump et surtout l’attitude d’Israël, fortement implanté déjà à Erbil et Suleimanieh et qui verrait d’un bon œil l’érection d’un État allié au Nord de l’Irak ?

 A lire : Les Cahiers de l’Orient

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L'islam contre l'islam Livre de PocheL’interminable guerre des sunnites et des chiites

Il serait périlleux de décrypter les tumultes qui secouent le monde arabe par le prisme de l’opposition entre démocratie et dictature. Ces catégories ne rendent pas compte d’une réalité fondamentale : l’antagonisme immémorial des sunnites et des chiites. Lire la suite

« Les généraux de Saddam veulent partager le gâteau » – JDD, 29 juin 2014

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AS LePoint 31_10_13Publié le 31/10/2013 à 12:50 par Armin Arefi

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« Je suis un scribouillard vulgarisateur » – Corse Matin, 9 avril 2013

Corse Matin

Publié le mardi 09 avril 2013 à 14h40

(Propos recueillis par Hélène Romani)

Antoine Sfeir sur le Vieux-Port de Bastia avant sa conférence à l'IRA : «La France se prend pour le justicier du monde » - Louis Vignaroli

Antoine Sfeir sur le Vieux-Port de Bastia avant
sa conférence à l’IRA : « La France se prend
pour le justicier du monde » (Louis Vignaroli)

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Il se fait plus rare sur les plateaux de télévision qui réclament régulièrement son expertise. Antoine Sfeir, journaliste, enseignant, politologue, spécialiste du monde arabe, s’est « échappé de Paris » pour arpenter la province. Il était hier à Bastia. Lire la suite

Invité de Paul Amar – France 5, 2 mars 2013

France 5

AS F5 Paul Amar 02:03:13> Le site de l’émission

> Lire la transcription de l’émission

France 24 le 13 février 2013

France 24   Invité de l’entretien d’Armelle Charrier sur France 24 le 13/02/13.

Strasbourg

L'islam contre l'islamJe serai à 17 h à la Librairie Kléber de Strasbourg pour présenter « L’islam contre l’islam, l’interminable guerre des sunnites et des chiites ».

BFM Business, mercredi 23 janvier 2013

Invité du 20 h 30 de David Dauba.

Benoît XVI au Liban : pour quoi faire ?

La visite du pape au Liban est doublement stratégique : en premier lieu, Benoît XVI vient dire sa solidarité aux chrétiens en Orient : ceux d’Irak, malmenés, devenus les boucs émissaires des milices à la fois chiites et sunnites, des Kurdes comme des Arabes ; ceux de Syrie, cibles des insurgés mais aussi des bombardements du régime ; ceux d’Égypte, qui durant ces dernières années ont vu leurs églises saccagées, leurs offices perturbés et leurs fidèles assassinés ; à ceux du Liban enfin, qui ont connu durant la guerre, et notamment depuis les accords de Taëf en 1989, une véritable perte d’influence. Le souverain pontife vient redonner confiance à ces chrétiens catholiques, orthodoxes ou protestants, qui choisissent souvent la voie de l’exil alors qu’ils constituent les racines mêmes de la chrétienté. Lire la suite

La France, grande (im)puissance au Moyen-Orient

Pourquoi la France est-elle impuissante – sinon absente – devant les événements de Syrie ? Certes, le ministre des Affaires étrangères s’égosille à demander le départ de Bachar Al Assad. En vain : soutenu par la Russie, l’Iran et la Chine, le régime syrien se maintient et semble gagner du terrain sur les insurgés.

Ces derniers, pourtant, sont régulièrement alimentés en armes, en hommes et en matériel par le Qatar et l’Arabie séoudite qui ont, si l’on peut dire, tombé le masque, puisqu’ils appuient partout où ils le peuvent les salafistes aussi bien que les islamistes, faisant passer ces derniers pour des modérés aux yeux de l’opinion publique. Lire la suite