Hollande en Algérie : le retour d’une France qui parle à tous dans le monde arabe ?

Publié  le 19-12-2012 à 12h14 sur Le Plus du Nouvel Observateur.

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par 
Dir. des Cahiers de l’Orient

LE PLUS. François Hollande est en visite pour deux jours en Algérie. Un déplacement aux enjeux politique, symbolique et économique. Mais tant au Maghreb qu’au Proche-Orient, la France n’est plus cette puissance « passerelle », capable de parler avec tout le monde, souligne Antoine Sfeir, président du Centre d’études et de réflexion sur le Proche-Orient. Explications.

Édité et parrainé par Hélène Decommer

François Hollande à Alger, le 19 janvier 2012 (Philippe Wojazer/Reuters)

François Hollande à Alger, le 19 janvier 2012 (Philippe Wojazer/Reuters)

Le grand atout de la France, au Proche-Orient comme en Afrique du Nord, a toujours été d’être la seule puissance à pouvoir parler avec tout le monde.

Cela n’est plus vrai, hélas, depuis 2005. L’assassinat de l’ancien président de Conseil libanais, Rafic Hariri, en février de cette année-là, a déclenché l’ire foudroyante de son ami le président Chirac qui, à peine la tragédie survenue, a reproché à son ancien protégé, le chef de l’État syrien, d’en être le commanditaire. Lire la suite

Œil pour œil, sang pour sang ?

Un soldat israélien durant une simulation d’invasion de la bande de Gaza, samedi 17 novembre. (Reuters/Amir Cohen)

Les opérations militaires israéliennes, dans la bande de Gaza ou ailleurs, se suivent et se ressemblent : un discours politique jusqu’au-boutiste et des représailles massives.  Seuls les noms changent,  d’une poésie cruellement ironique – « Paix en Galilée » (1982), « Arc en ciel » et « Pluie d’été » (2006) – ou d’un impitoyable lyrisme : « Raisins de la colère » (1996), « Jours de pénitence » (2004), « Plomb durci » (2008) et, à présent, « Pilier de défense ». Cette dernière appellation n’est d’ailleurs pas sans évoquer la caractérisation de l’armée israélienne, Tsahal, acronyme pour « Armée de Défense d’Israël’. Une force qui a entre autres à son actif l’attaque éclair contre l’Égypte en 1956, conjointement avec la France et le Royaume-Uni, et la guerre « préventive » de 1967, au cours de laquelle l’État hébreu anticipa le conflit en laminant les aviations arabes.

Depuis le début de cette guerre interminable, qui remonte au mandat exercé par les Britanniques sur la Palestine (1919-1947), chacun des deux adversaires s’est progressivement construit une identité fondée en grande partie sur l’affrontement avec  l’autre, ainsi qu’un argumentaire rapidement cristallisé autour deux notions antagonistes : Lire la suite

La France, grande (im)puissance au Moyen-Orient

Pourquoi la France est-elle impuissante – sinon absente – devant les événements de Syrie ? Certes, le ministre des Affaires étrangères s’égosille à demander le départ de Bachar Al Assad. En vain : soutenu par la Russie, l’Iran et la Chine, le régime syrien se maintient et semble gagner du terrain sur les insurgés.

Ces derniers, pourtant, sont régulièrement alimentés en armes, en hommes et en matériel par le Qatar et l’Arabie séoudite qui ont, si l’on peut dire, tombé le masque, puisqu’ils appuient partout où ils le peuvent les salafistes aussi bien que les islamistes, faisant passer ces derniers pour des modérés aux yeux de l’opinion publique. Lire la suite