La fierté des immigrés – Les Cahiers de l’Orient, juin 2015

CO 119 Couv2Mon éditorial dans le numéro d’été des Cahiers de l’Orient

Au moment où l’on est en train de commémorer les cent ans de la Grande Guerre et l’implication des armées  et populations arabes dans ce conflit et dans celui de la Seconde Guerre mondiale, on ne peut s’empêcher de penser à la situation de l’islam en 2015, subissant une radicalisation qui peut nous paraître incompréhensible.

Certes, il y a cent ans, ces populations faisaient, pour la majorité d’entre elles, partie des empires, et leur religion, l’islam, ne les a pas empêchées d’être les héros de l’ombre. Aujourd’hui la France serait-elle devenue l’ennemi à abattre ? Lire la suite

Comment on devient islamiste et salafiste en France

(Dessin : Damien Chavanat)

La vague de violence qui déferle actuellement en France au nom d’ « un certain islam » pose plusieurs questions dont les médias se sont fait le relais.

De l’immigration ouvrière au regroupement familial

Lorsque la première génération des travailleurs immigrés est arrivée en France dans les années 1960, nous avions été les chercher en masse dans nos anciennes colonies : Algérie, Tunisie, Maroc principalement. Nos entreprises cherchaient des ouvriers non spécialisés et non qualifiés, à mettre sur les chaînes des usines d’automobile (Billancourt et Sochaux), de sidérurgie (Lorraine et tout l’Est), et enfin dans le secteur du bâtiment. En 1965 ils étaient 800.000 Algériens, 400.000 Marocains et 200.000 Tunisiens. Le contrat était clair : « tu viens (seul), tu travailles, tu touches ton salaire et tu repars chez toi ». Lire la suite

Racisme ordinaire à Beyrouth

Des employés de maison étrangers auraient été la cible samedi 6 octobre 2012 de propos racistes à l’aéroport de Beyrouth.

L’aéroport de Beyrouth a été une fois de plus le théâtre, en cette fin de semaine, d’un épisode raciste. Nouvel épisode, parce que le feuilleton du racisme ordinaire est tristement quotidien au pays des Cèdres, qui s’enorgueillit pourtant de la coexistence en son sein de 17 confessions différentes. Le Liban, qualifié autrefois par le pape de « pays-message » en hommage à un vivre-ensemble réussi, n’inclut sans doute pas les Philippins et les Népalais dans les heureux élus admis à cette convivialité factice, puisqu’une employée de la compagnie aérienne nationale s’est permis, le 6 octobre, de viser ces derniers nominalement dans une injonction diffusée par haut-parleur : « Il est interdit aux Philippins et aux Népalais de parler ici ». Prise à parti par un citoyen choqué, comme de juste, d’un pareil comportement, l’hôtesse a affirmé, sans doute en guise de justification, que « la direction ne veut même pas ce genre de personne sur le vol » et que « ces gens-là sont différents », tandis qu’un employé menaçait le plaignant d’annuler son vol si ce dernier persistait à demander raison de ces agissements.

La Middle East Airlines, devant l’ampleur de la polémique, Lire la suite